715 Views |  Like

MoCO : le renouveau de l’art contemporain à Montpellier

Au même titre que New-York a son MoMA, Amstredam son Moco Museum, Ljubljana son MoTA, Los Angelès son MoCA … Montpellier se devait d’avoir son Musée d’Art Contemporain.  Ce sera chose faite dès juin 2019 avec le MoCO. Un projet ambitieux destiné à affirmer Montpellier en tant que destination culturelle européenne incontournable. Le futur centre d’art prendra place au cœur de Montpellier sur les 3.000 m² de l’Hôtel Montcalm. Coup de projecteur sur ce projet novateur à plus d’un titre.

Le MoCO de Montpellier : un centre d’art nouvelle génération                                              

Afin de proposer une offre d’art contemporain complète et riche, le futur Centre d’Art regroupera La Panacée et l’ESBAMA (Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Montpellier). Les trois institutions composeront un établissement public de coopération culturelle (EPCC) dirigé par la styliste Vanessa Bruno qui espère « pouvoir apporter un regard différent : celui d’une femme travaillant dans la mode et voyageuse, une ouverture sur le monde et peut-être une sensibilité autre ». Le futur musée est destiné à devenir l’épicentre d’un parcours artistiques à forte vocation touristique.

En rupture avec les pratiques existantes, le MoCO ne disposera pas de collection permanente mais présentera des collections privées et publiques du monde entier. Des partenariats avec des collectionneurs privés et publics comme le MuCEM de Marseille, le Centre Pompidou ou le MoMa de New-York.

Le MoCO de Montpellier : le parti-pris d’une architecture raisonnée qui laisse toute sa place à l’art

C’est l’équipe de PCA-STREAM, pilotée par Philippe Chiambaretta, qui a été retenue pour son projet où la place accordée à l’art et la réhabilitation du bâtiment ancien priment sur le geste architectural spectaculaire. Tournée vers l’innovation, la ville de demain et les nouveaux usages, l’agence PCA-STREAM a conçu depuis sa création de nombreux projets tels que la Fondation Victor Pinchuk pour l’art contemporain à Kiev ou le #cloud.paris, un campus tertiaire réhabilitant quatre immeubles en plein cœur de Paris.

L’agence a su répondre aux 3 objectifs principaux : redonner une visibilité forte à cet hôtel particulier à travers un dispositif signalétique et artistique, exploiter la puissance de ce nouveau lieu comme moteur culturel du quartier et enfin et incarner l’ambition de Montpellier en tant que destination culturelle internatonale.

Face à ces enjeux, le parti-pris de l’agence PCA-STREAM a consisté à écarter toute tentation de construire, voire toute tentation d’architecture dans le projet. Alors que les musées se font remarquer autant (voire plus) par leur architecture que par leurs collections (voir mon article « Des chefs-d’œuvre de musées »), le MoCO est encore en rupture avec ces pratiques.  L’approche de l’équipe a été d’ausculter le potentiel du bâtiment et de son site -son parc, sa terrasse et ses perspectives, ses dépendances – pour identifier des points à réactiver de façon à libérer sa force créative. Une démarche autant motivée par les contraintes économiques que par la volonté de nouvelles pratiques plus raisonnées.

MoCO de Montpellier

Réparties sur l’ensemble du site, les interventions artistiques permettent aux visiteurs de découvrir les espaces intérieurs comme extérieurs à travers trois univers convoquant l’imaginaire.

Le MoCO de Montpellier : un projet architectural articulé autour de 3 propositions

Un travail de ré-enchantement de l’Hôtel de Montcalm par l’action d’artistes.

Les interventions artistiques font partie intégrante de la réhabilitation et de la réinvention des lieux. Réparties sur l’ensemble du site, elles permettent aux visiteurs de découvrir les espaces intérieurs comme extérieurs à travers trois univers convoquant l’imaginaire : le Jardin magique, l’Hôtel ré-enchanté et la Cour des fêtes, lieux d’événements.

Définir une fonction : le quartier général de la création artistique

Destiné à devenir le hub arty de Montpellier, le MoCO est un espace-ressource au cœur du dispositif culturel de la Ville. Autrefois hôtel particulier, il se nourrit de son histoire et de sa géographie pour devenir ce quartier général. Il permettra, par la flexibilité de ses espaces, les fonctions d’information, d’échanges et de transmission. Le musée accueillera les salles d’exposition sur trois niveaux mais aussi une école de formation artistique, un restaurant, ou encore un café.

Produire avec les artistes une partie du projet.

Édifier est coûteux et il est souvent plus pertinent de recycler et réutiliser que de détruire et recommencer. Partant de ce principe de sobriété, le projet dégage un budget pour les pièces des artistes qui seront produites spécifiquement pour le lieu. L’approche consiste à reprogrammer et recycler les investissements déjà effectués pour concevoir un bâtiment– outil au service des artistes et du public.

Philippe Chiambaretta architecte du MoCO de Montpellier

Philippe Chiambaretta est l’architecte mandataire de l’équipe. Il associe une connaissance approfondie du travail de reconversion patrimoniale à une connaissance éprouvée des besoins et du fonctionnement des centres et fondations d’art.  Diplômé des Ponts et Chaussée (1986) puis du MIT de Boston avant de devenir architecte (2000), artiste avant d’être directeur du Taller de Arquitectura de Ricardo Bofill (1991- 2000), proche des milieux artistiques et attentif à inscrire sa pratique dans les flux économiques et sociaux, Philipe Chiambaretta est convaincu qu’en architecture comme en économie, il s’agit de manipuler des signes, de développer une histoire et de fonder un récit.

Rendez-vous est pris en 2019 pour découvrir le MoCO.

Photos et plan  © PCA STREAM. Portrait Philippe Chiambaretta par Chris Saunders. Tous droits réservés.