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Ose s’expose

Né en 1984 à Paris, c’est en 2008 qu’Ose pose ses valises à Montpellier. En 2010, il découvre le pochoir et se passionne pour cette forme d’expression. Il décide de créer le collectif StreetCam et rencontre quelques grands noms du street art tels qu’Epsylon Point, Jef Aérosol, Speedy Graphito, C215 et bien d’autres. Depuis c’est à coup de bombes qu’il jette ses pochoirs sur différents supports à Montpellier, Nîmes ou Sète. Rencontre avec un artiste inspiré.

Wonders Of Youth. Ose. Blog Inspirations Urbaines.

Wonders Of Youth. Acrylique et aérosol sur toile. 130×89 cm.

IU : Bonjour Ose, qu’est ce qui t’as amené au street art ?
Ose : J’ai longtemps cherché ma voie. J’ai commencé à étudier le droit, l’immobilier et le commerce sans conviction; puis j’ai enchaîné les petits boulots. J’ai toujours adoré l’art en général, particulièrement l’art moderne. Je viens d’une famille qui y accorde de l’importance. Soulages est mon peintre préféré. C’est en 2010, lors d’une soirée qu’un ami m’a montré le livre de Banksy « Wall and Piece ». Ca a été la révélation. Le pochoir est le moyen que j’avais toujours cherché inconsciemment pour m’exprimer. Je me suis donc intéressé au street art, je trouvais ça exaltant que ce soit à la portée de tous et pour tous. J’ai étudié la technique du pochoir en regardant le travail de Jef Aerosol, Logan Hicks, Snik, C215 et d’autres puis j’ai commencé à m’entrainer. Petit à petit, j’ai compris le fonctionnement et amélioré ma technique. Je rêve de ne plus voir de murs gris dans les villes. Que tout le monde puisse dessiner, peindre, graffer ou coller ce qui lui plaît.

IU : Qu’est-ce-qui t’attire plus particulièrement dans le pochoir ?
Ose : J’aime la minutie et la patience que cette technique demande. Puis on peut à peu près tout reproduire avec beaucoup de détails. En plus, j’aime la bombe, j’aime l’objet, les couleurs, son utilisation… Le pochoir est l’alliance des deux. Enfin, on ne visualise le résultat qu’à la toute dernière couche. Là tout se révèle. Cet instant est pour moi un grand moment d’angoisse (risque que le pochoir soit raté) mais aussi un grand moment de bonheur. Le pochoir me permet de faire passer les émotions que je veux partager.

IU : Quel est ton support préféré ?
Ose : Je travaille principalement sur toile car c’est ce que l’on me demande le plus souvent mais j’aime beaucoup travailler sur du bois : c’est facile, ça sèche vite et j’aime la façon dont le support vieillit et fait évoluer le pochoir. Mais ce que je préfère c’est le carton. C’est léger, on peut jouer sur plusieurs couches, le carton sèche très vite et je trouve que ça fait ressortir un côté brut du pochoir, comme s’il avait été jeté dessus vite fait.

IU : Quel est ton terrain d’expression préféré : la rue ou l’atelier ?
Ose : J’adore les murs de la rue et comme je le disais, je rêve de les voir tous recouverts, colorés mais je n’ai pas grandi avec « l’esprit street » comme certains artistes. J’aime l’adrénaline mais ce n’est pas ce que je recherche principalement. J’aimerai en faire plus mais je reconnais ne pas être très à l’aise en mode « vandal. » Je préfère les évènements comme « l’Expo de ouf » ou tout un quartier est donné aux artistes pour le décorer. Alors je peux prendre mon temps, ne pas risquer de détruire trop rapidement mes pochoirs qui sont parfois très fragiles. Avec le temps, je suis devenu un peu perfectionniste. Il faut veiller à ce que toutes les couches se superposent sans décalage, aussi minime soit-il.

IU : Comment fais-tu évoluer ton travail ?
Ose : Pendant un temps, mon défi a été de me rapprocher le plus possible de la photo. J’essaie aussi d’évoluer du noir et blanc vers le mélange de couleurs. Ca fait longtemps que je travaille en secret sur un genre de pochoir très différent de ce que je montre actuellement. J’aime l’idée de « deviner » une silhouette, un portrait, un trait de visage, une forme architecturale. J’essaie aussi de faire ressortir plus de détails en moins de couches. Je suis constamment à la recherche de sujets qui me touchent, à la recherche de « passage d’émotion ». Je tente aussi de plus en plus de faire des grands formats pour la rue justement. J’ai tout le temps mon petit carnet sur moi où je note mes idées.

IU : As-tu des sujets qui t’inspirent plus particulièrement ?
Ose : Avec mes pochoirs, je cherche le sourire des gens. Je souhaite interpeler non pas en choquant mais en émouvant. J’aime les regards, souvent conducteurs d’émotions. J’aime aussi l’idée aussi de faire réfléchir sur un sujet qui peut paraître à première vue banal mais qui se révèle plein de subtilités. J’aime « les gueules », les rides, les marques de la vie sur les visages des gens. Je pense que c’est ça mon sujet de prédilection. Il y a aussi bien sûr les grandes figures de la littérature, de l’histoire, des sciences, etc. que j’aimerai faire en pochoir. J’aime l’idée que mes sujets soient variés.

IU : Peux-tu nous parler de ta dernière collaboration avec Smole au Verdanson ?
Ose : Depose m’a fait rencontrer Marko du Street Market où se passe ma prochaine expo*. C’est lors d’un vernissage là-bas que j’ai rencontré Smole. Pour moi, ce mec, c’est un « vrai », une légende. On a pas mal discuté, puis, presque au bluff j’ai proposé une collaboration. C’était une sorte de challenge pour moi car je savais qu’il faudrait que je produise quelque chose à la hauteur de son boulot. Il a tout de suite accepté à ma grande surprise. Il a proposé un pochoir d’Amy Winehouse car il est fan de cette chanteuse et je pensais effectivement que c’était un bel hommage.

Smole & Ose sur les quais du Verdanson. Blog Inspirations Urbaines.

Hommage à Amy Whinehouse par Smole & Ose sur les quais du Verdanson.

On s’est retrouvé au Verdanson. J’adore cet endroit car on peut y prendre son temps. Je garderai ce souvenir longtemps car j’ai vraiment passé un super moment. On a sympathisé, il m’a parlé de la rue, je lui ai parlé de l’atelier, il faisait beau, on comprenait tous les deux où on voulait aller. Bref, c’était cool. Aujourd’hui, j’ai la mission de trouver un toit pour notre prochaine collab… Lors de ma prochaine expo, je prépare aussi une collaboration avec Depose. C’est très enrichissant d’échanger avec d’autres artistes, de découvrir leurs univers.

Ose en action

*Retrouvez Ose au Street Market 21, rue Pierre Sémard à Sète du 6 juin au 03 juillet 2015.

Expo-Ose

Plus d’info et de vidéos sur son site.